Peinture
mars 31, 2008 par unefillecommeca

C’était comme une vieille image de télé, en couleurs avec enfants qui dansent et parents qui rient; le décor était vieillot, parsemé ça et là de couleurs vieillottes mais chaleureuses, couleurs rassurantes comme la bonne tourtière de maman. La température était normale, les gens parlaient d’actualité, de sport, de politique, des conversations éphémères mais engagées, la normalité, quoi.
Soudainement, elle prit conscience de son état de non-conscience, de ce spleen énorme qui l’envahissait et qui prenait possession de son âme. Les couleurs lui semblèrent fades, si fades, et le décor si éteint; les bruits d’enfants lui parvenaient, mais elle ne ressentait aucune émotion sinon la tristesse de ne pas faire partie de leur joie; les gens lui faisaient ni chaud ni froid, et elle se sentait anonyme, mais pleine; sans joie mais emplie de tristesse et de terreur; encore une fois, elle se leva, alla à la salle de bain pour se rafraichir, mais en retournant dans un autre décor, il semblait qu’elle avait rêvé cette situation; il semblait - réellement - qu’elle avait fermé les yeux pendant tout ce temps, et qu’elle venait de se réveiller. Situation familière mais oh combien inconfortable. Elle sentit dans son corps et son esprit le désespoir, mais n’en souffla mot. Elle se sentait mourir en dedans, à quoi bon le crier?
Les enfants jouaient encore, et elle, elle ne parlait plus, tentant d’oublier ses états d’âme et son inconfort permanent. La situation devenait insupportablement normale; elle ne voulait que se sauver pour mieux pleurer, devant l’inutilité de sa vie. Elle, elle se situait à l’extérieur de la peinture, une peinture de Dali, et elle ne pouvait y entrer, jamais, jamais, jamais. Intemporelle.
Devant cet intemporalité, elle ne pouvait que chercher à trouver réconfort auprès de vieux amis immortels et inhumains, vieilles béquilles en attendant de voir la réalité en face, et non pas telle une peinture de Dali.
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