Passage à vide
avril 18, 2008 par unefillecommeca
Chaque matin, la petite ressent un passage à vide, comme un spleen soudain et malfaiteur… elle ressent crainte et lassitude, comme Le jour de la marmotte, avec un dédain profond pour tout ce qui l’entoure. Plus elle reste ancrée dans son émotion, plus elle s’enfonce dans ce puits sans fond, et plus il est difficile pour elle d’en sortir.
La petite doit fuir ce passage à vide, se lever rapidement, ne pas trop regarder son reflet dans le miroir, trop petite, trop dépressive - elle ne s’aime pas, pourtant, des gens voudraient lui ressembler - et vite prendre une douche et penser à des choses pratiques, pratiques, rationnelles. Se laver, aller porter petit, prendre un caf, habiller petit… pendant ce temps, elle ne peut penser, pleurer. Elle survit, pour lui, et Lui, et pour eux.
Puis, elle tente de fuir ce passage à vide qui la reprend dès que fiston a les yeux tournés vers sa vie. Elle se pose mille questions, ses émotions lui restent à la gorge, comme des cailloux *exactement comme Camille dans Ensemble, c’est tout. Elle ressasse sans le vouloir ses peurs et ses émotions, et sa peine prend tout le dessus. Pourquoi pleure-t-elle? Parce que le contrôle, elle ne l’a plus depuis longtemps.
Elle se sent moche, imbécile, inutile, lâche. Et n’a plus l’envie du plaisir, chose qu’elle avait dans les plaisirs illicites. Mais les retombées auraient pu être fatales, elle a dû cesser, coûte que coûte. Pourquoi pense-t-elle à ça, à lui? Peut-être parce qu’elle est seule et occupée à trop penser…
Oui, ça doit être ça. Vite, changeons-lui les idées.
Elle est dans le magasin, une pluie de gens qui abonde, elle se sent de trop, de trop, elle tente d’essayer des vêtements, de se concentrer sur ce qu’elle aimait auparavant. Auparavant. C’est si loin, auparavant. Si loin… voilà, ses yeux se brouillent, le magasin devient étouffant, trop grand, les gens parlent trop forts, elle se sent bizarre, pas bien… mais que fait-elle là, sans but précis?
Elle ne tient pas compte du fait qu’elle doit rester là, elle s’échappe, pour respirer, et prendre le contrôle de quelques outils à sa disposition… Oui. Là elle retourne chez elle. Ça va un peu mieux. Malheureusement, elle est conscience de son inconscience. Ne peut plus jouer aux jeux illicites, ne peut plus perdre de temps. Elle manque de respiration. Elle a des cailloux, aussi. Elle tente de fuir ce passage à vide qui reviendra dès que les bonbons seront ressortis de son système. Pourtant, avant, elle n’avait besoin que de câlins, d’un bon film, d’une bonne bouffe… maudits passages à vide…
Elle doit agir.