Je me regarde, toute petite, dans le miroir. Je suis petite, comme certaines le voudraient. Bronzé est mon corps, juste pour moi. Mes yeux sont jolis, verts-bruns-ocre, mes taches de rousseur aussi, mais je n’aime pas mes cheveux, trop courts tout à coup. Bref, j’ai tout de la fille normale. Mais il me manque quelque chose : le sourire.
Malgré le rouge de mes lèvres, le rouge de mes pommettes, la camisole sexy qui me colle à la peau, il me manque un élément essentiel que j’envie à toutes : le sourire. Je suis incapable de sourire ces temps-ci. Mille cafards sont dans ma tête, et sans alcool, sans bonbons, je suis incapable de sourire comme ça, béatement. Il faut que j’aie devant moi quelqu’un, pour que je puisse sourire. Ou de l’alcool et des amis. Or je n’ai rien de cela. Ou un kick potentiel. Mais je pleure encore un vieil amour et espère niaiseusement qu’il m’appelle, pour me revoir, et que je puisse voir son sourire. En vain.
Sourire est pourtant le plus beau des cadeaux, le plus bel attribut d’une personne. Mais je n’y peux rien. Je me pratique, seule devant mon miroir, sourire un peu, mais ça sonne aussi faux que des meubles en mélamine.
Quand on a la nausée, qu’on a pas faim, qu’on ingurgite des aliments mais que tout sonne faux comme des mauvais extraits de film, comment fait-on pour sourire? Je souris sincèrement à mon fils et les larmes me viennent aux yeux, pour rien, comme ça.
J’aimerais tant retrouver ce sourire perdu, en quelque part, et le remettre dans mon cœur pour le sortir très souvent. Oublier toutes les déconfitures, et sourire pour rien.
Sourire pour rien. Que c’est charmant.
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