Et ce midi, j’écris un peu pour relaxer, penser à voix haute. Dans mon cocon tout rempli de souvenirs, je pense à toi, encore et toujours, à toi qui ne me donne pas de nouvelles. Serait-ce parce que tu es si bien avec elle? Serait-ce parce que tu ne veux pas me donner d’espoir? Le fait d’y penser, c’est de répondre par l’affirmative.
En ce jour gris mais chaud, je pense à toi, et à d’autres, pour me faire sourire un peu. Si au moins dans le plus profond de mon être, je sentais la chaleur de ton désir, si au moins je sentais une parcelle d’étincelle dirigée vers moi, je serais tellement ravie. Mais avec ces cheveux qui ne poussent pas (damned) et l’entreprise pour laquelle je travaille, il y a peu de chances que mon cœur ait quelques balbutiements excitants, pour le plaisir des yeux. Je suis cloîtrée, prostrée dans mon bureau, sur ma chaise, avec des millions de papiers à comprendre, et même pas le temps d’écrire à quelqu’un, à toi, pour me souvenir que j’aime ça, écrire.
Je dois y aller par étapes, aujourd’hui, c’est aujourd’hui, mais Dieu que c’est plate, cette vie. Hier, pour penser à rien, je me suis couchée très tôt. Et oui, j’ai encore pensé à toi. Et j’ai pleuré ma vie en plusieurs minutes, un condensé des dernières années a coulé sur mes joues, en silence.
Ce matin, je me suis levée, boulot, boulot, avec un amer goût de platitude dans la bouche. Et si c’était juste ça, la vie? J’aimais de loin l’ivresse des soirées, des rires, quitte à avoir la gueule de bois, en comparaison avec la vie-veston-brun-chiffres-enfant-dodo que j’ai en ce moment.
J’ai peur de moi, je piquer ce vin à l’épicerie et de m’enfuir pour trinquer seule, évidemment, car les anciennes amantes de vin n’ont plus de comparses - raison oblige. En fait, j’irai prendre mon petit vin avec toi, sous le soleil, encore et toujours, et pour la première fois depuis décembre, je rirais et je vivrais un peu.
Mais aujourd’hui, c’est ce midi, il faut vivre au jour le jour… et ma journée est brune.
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